Les instruments de musique venant d'Iran ont connu une histoire difficile du fait de l'interprétation parfois ultra-orthodoxe du Coran par les chiites en ce qui concerne le rôle de la musique. Parfois tolérés, parfois interdits, ils sont restés très sobres, très petits et n'ont guère reçu de développement. On y a encensé les vertus de discrétion et d'intimité pour justifier leur existence, à l'inverse par exemple des instruments indiens. Ils se sont de plus propagés dans d'autres pays grâce à l'influence de la culture perse.

Instruments à cordes pincées :

Instruments à cordes frottées :

Instruments à cordes frappées :

Instruments à vent :

Instruments de percussion :

Barbat (Oud) 

Sommaire

L'oud (arabe : عود), l'ud ou l'outi (ούτι : grec moderne), est un instrument de musique à cordes pincées très répandu dans les pays arabes, en Turquie, en Grèce et en Arménie. Son nom vient de l'arabe al-oud (le bois), transformé en Europe en laute, alaude, laud, liuto, luth.

Le barbat (persan) en est très certainement à l'origine, mais si cet instrument existe encore à titre symbolique en Iran, il y est très peu répandu et il a été réinventé récemment à partir d'archives. Il convient donc ici de s'attacher davantage au nom oud, plus généralement connu, d'autant plus que les instruments ne diffèrent guère.

Histoire

Le luth trouve son berceau en Babylonie comme celui découvert sur un bas-relief du temple d'Hammourabi. Présent chez les Assyriens, il apparaît en Égypte où on le retrouve dans la tombe d'Harmosis (1500 avant J-C). Pendant la première civilisation pharaonienne, les Égyptiens ont utilisé le luth pour leurs cérémonies et pour leurs fêtes.

Le barbat est un instrument de musique ancien d'origine Perse ; après le tambur, c'est le plus vieil instrument à cordes en Iran, remontant en 800 av. J.-C. Son invention est attribuée à Barbad et al-birbat serait sa forme arabisé. D'autres sources précisent que l'étymologie viendrait de bat qui signifie « poitrine », désignant ainsi une similarité de forme.

                                           

Il est probable que les premiers instruments était taillés dans une pièce de bois (manche et caisse de résonance non séparés), de la même façon que le pipa chinoise (déjà présent chez les Tang (618-907) et les Wei du Nord (386-534)) ou le biwa japonais (VIIIe siècle), qui seraient des descendants du barbat apporté par la Route de la soie.

Après que l'Islam se fut implanté en Iran, l'instrument fut amené dans l'Empire Omeyyade et il s'est propagé ensuite dans tout le Moyen-Orient et le Maghreb, faisant de ces pays le berceau du luth oriental : le oud. Ce dernier, rénové par Zalzal Mansour (mort en 791), possèdait un manche plus court séparé (au départ) d'une caisse plus grosse, comme l'instrument actuel.

Plus tard, Médine fut un lieu de rencontre de tous les musiciens et luthiers si bien que le oud y acquiert une réputation éminente parmi tous les autres instruments de la musique arabe. Grâce au oudiste Ziryab (décédé vers 852), le oud voyage jusqu'en Europe en transitant par l'Andalousie sous domination mauresque, devenue la capitale de la musique arabo-andalouse.

L'oud a pris définitivement sa forme actuelle au début du IXe siècle, (la chanson de Roland fut sans doute jouée sur un luth arabe). La caisse était faite de barres de bois contraint en forme de voute qui pourraient être l'origine du nom oud puisque le mot signifie bois ou bâton et que la table était elle aussi faite en bois (à l'opposé des tables en peau des luths plus anciens).

Quand la culture islamique pénétra en Europe, cet instrument fut utilisé avec différents noms ; lotto en Italie, loth en France, aland au Portugal et loud en Espagne. À la même période, l'instrument a été interdit en Iran sous les Safavides à cause du fanatisme religieux, jusqu'à récemment.

La caisse courbée a servi de modèle au luth et à la mandoline européens, dont les caisses étaient construites de nombreuses lammelles de bois flexibles collées. Le luth se transforme durant la Renaissance et la période baroque. Les cordes sont jouées entre le pouce et l'index avec le petit doigt posé sur la table et le manche comporte des frettes nouées en boyau pour pouvoir jouer des musiques polyphoniques. À la fin du XVIe siècle, une nouvelle forme de luth à 12 cordes apparaît en Angleterre (théorbe et chitarrone) servant plus à l'accompagnement qu'à la mélodie. Il a sans cesse évolué, par l’ajout de cordes graves, jusqu’au XVIIIe siècle.

Lutherie 

Le oud est constitué de trois parties majeures :

Caisse de résonance : En noyer ou érable, elle est piriforme et est constituée d'un vingtaine (ou trentaine) de côtes (plus il en a meilleur il est), formant la plus grande caisse de résonance de tous les luths. La table est percée de grandes ouies (1, 3 ou 5), recouvertes de rosaces. Un petit chevalet similaire à celui de la guitare, y est collé, ainsi qu'un renfort au point de jeu.

Manche: en noyer ou fruitier, le manche n'est pas fretté et est très court, tel celui du violon, permettant de jouer les (quarts de tons et tous les micro-intervalles)

Cordier: en noyer ou en fruitier, l'angle entre le manche et le cordier est quasi perpendiculaire, et cela a une grande importance pour soutenir la pression des onze ou douze cordes (en nylon et en métal fileté), couplées, fixées par des chevilles en buis.

Plusieurs types de ouds sont utilisés dans la musique arabo-turque :

ud hanin est un oud spécifique pour le solo à la caisse petite, en amande, à une rosace, au son ténu.

ud rannan est un oud spécifique pour la musique d'ensemble à la caisse piriforme, à trois ou cinq rosaces, très sonore.

Il existe aussi des ouds très décorés, incrustés de nacre ou de marquèterie, mais ils sont de moindre qualité musicale. Actuellement, les meilleurs luthiers sont en Égypte au Caire.

Au Maghreb, on distingue le oud classique, oud sharki, et le oud traditionnel à quatre cordes, ud `arbî ou kuitra.

Jeu et accord

Le oud se tient de la même façon qu'une guitare, en faisant attention de garder la face verticale de manière à ce qu'elle ne soit pas visible par le joueur ; le poids doit en être supporté par la cuisse et le bras droit de manière à ce que la main gauche soit libre pour se déplacer sur le manche. Dans le passé, de nombreux joueurs jouaient assis en tailleur par terre ; maintenant la plupart jouent assis sur une chaise, utilisant souvent un repose-pied sous leur pied droit.

On utilise un long plectre flexible mettant le poignet dans un angle particulier qui donne un certain son et une grande agilité : le risha ("plume" en arabe) ou mezrab (en turc) est fait d'une tranche fine de corne de vache, d'une plume d'aigle ébarbée et aplatie ou plus prosaïquement un médiator en plastique. Il se tient entre le pouce, l'index et l'auriculaire, pour pincer les cordes de l'instrument selon deux techniques : le pincement simple ou double. On reconnaît un virtuose de l'oud à l'utilisation équilibrée qu'il fait de ces deux techniques. Les plectres les plus fins donnent un son très délicat, plein de nuances, les plus lourds donnent un son très fort. Les joueurs se servent souvent d'un plectre dont une des extrémités n'a pas été modifiée et dont l'autre a été amincie par ses soins, lui permettant ainsi d'utiliser la forme la plus appropriée pour ses besoins.

Instrument soliste de la musique arabe par excellence, l'oud est aussi employé comme basse mélodique ou rythmique dans les ensembles instrumentaux, à moins qu'il n'acompagne un chanteur. Il en va de même pour la musique turque et iranienne. Mais il est aussi en ces contrées, un instrument très populaire, et se prette à tout le répertoire folklorique. De même, en Grèce ou en Arménie, il est plutôt cantonné à cette musique festive.

On ne joue pas d'accord sur le oud, à l'inverse du luth ou de la guitare. La musique étant modale, on ne joue jamais plusieurs notes en même temps, mais dans une succession très rapide, sauf pour la corde de bourdon. En outre, nombre de oudistes enlèvent les deux dernières cordes, les plus aiguës, afin de faciliter le jeu. Mounir Bachir a la particularité de mettre la corde grave en bas des autres.

Il est possible d'accorder un oud de nombreuses façons différentes. Accordages arabes :

                                

Sol La Re Sol Do Fa, c'est l'accordage le plus utilisé.

Re Sol La Re Sol Do - Do Fa La Re Sol Do - Do Mi La Re Sol Do

Fa La Re Sol Do Fa

Accordages constantinois (Algérie) :

Do La Re Sol, accord en deux quintes embrassées.

Ancien accordage turc classique: La Re Mi La Re Sol

Nouvel accordage turc classique: Fa# Si Mi La Re Sol

Accordage turc/Arménien: Mi La Si Mi La Re

Accordage turc/Arménien: Do# Fa# Si Mi La Re

Accordage Cümbüş: Re Mi La Re Sol Do

Parmi les nombreux virtuoses, on peut mentionner :

Liens externes

(en) Barbat

(en) Techniques de base

dejkam.com (Oud)

tebyan.net (Oud)

barbat.us (Barbat)

barbat.us (Barbat & Tombak )

                               Daf                        

 

Sommaire

Le daf ou def, duff, defi ou dap est un grand tambour sur cadre de la tradition persane utilisé pour accompagner la musique iranienne, mais qui est aussi répandu (sans ses anneaux) du Moyen-Orient à la Sibérie en passant par l'Asie Centrale. Il est sans doute à l'origine du tar arabo-andalou répandu au Maghreb et qui a atteint l'Europe médiévale. Il survit encore au Portugal et en Espagne (ainsi qu'au Brésil et au Guatémala) sous le nom d'adufe, mais aussi de pandero ou pandeiro.

Le daf est aussi apparenté au riqq dont il ne diffère que par la taille et le type de sonnaille. Il ne faut ni le confondre avec le bendir, plus petit et plus profond, qui comporte un timbre de cordes de boyaux tendues contre la peau, ni avec le tar, équipé de cymbalettes, ni avec le doyre, plus petit, au cadre plus massif et aux moindre nombre d'anneaux de plus grande taille.

Facture

Le daf est constitué d'un cadre en bois sur lequel est collé une peau animale, auxquels s'ajoute parfois des guirlandes d'anneaux de métal (ou des grelots) pour procurer des tintements. Il y a différentes tailles ; les percussions les plus grandes (60 à 80 cm de diamètre) sont jouées par des hommes dans des rituels spirituels et les percussions de taille moyenne (30 à 40 cm) peuvent être jouées par des femmes et sont souvent confondues avec le doyre.

Un daf a six parties :

  • Le cadre est en bois. Sa largeur est de 5 à 7 cm. Son épaisseur de 1 à 2 cm. Il a souvent un trou ou un creux pour le tenir.
  • La peau de chèvre est collée au cadre.
  • Les goupilles sont positionnées derrière le cadre afin de garder la peau bien tendue sur celui-ci.
  • Les crochets sont positionnés afin de porter les anneaux dans la partie intérieure du cadre.
  • Les anneaux en métal servent à produire les tintements soit entre-eux, soit en frappant la peau.
  • Une bande de cuir est incluse afin d'aider le musicien à le porter pendant les performances longues.
  • Il peut y avoir des calligraphies sur la peau ou des tampons sur le cadre

Le duff arabo-andalou est particulier puisqu'il s'agit d'un tambour à double membrane de forme carrée qui n'a ni anneaux ni cymbalettes.

Jeu

Il se joue soit assis soit debout. On tient le daf verticalement posé sur la main gauche et on le frappe avec la main droite (à plat ou en pointe) au centre, les doigts de la main droite au bord le plus proche de soi, et les doigts de la main gauche, au bord où ils tiennent l'instrument. On peut ensuite faire jouer les anneaux en penchant en avant ou en arrière l'instrument, pour la claque contre la peau, et on peut aussi le faire sauter en l'air, en le maintenant ou non, pour le tintement des anneaux seuls. Le jeu est très complexe et assez physique. Il y a des rythme spécifique pour le daf.

En Iran et au Kurdistan, les Soufis l'utilisent durant le rituel du Zikr (chant spirituel) et le culte kurde Yarsanî et Al-e Haqq. Il a récemment été inclus dans la musique classique persane, notamment par l'ensemble Kamkar..

Ailleurs, il se cantonne à la musique des confréries soufies arabes ou turques, au folklore indien et au chamanisme sibérien.

Sources

  • Daf (tambour mystique) par Madjid Khaladj - Anthologie des rythmes iraniens / Buda Musique - CD volume 2
  • Jean During, Musique et mystique dans les traditions de l'Iran, Institut français de recherche en Iran, Paris, 1989.

Liens externes

Dohol            

 Le Dohol ou dhôl (panjâbî : ਢੋਲ, ڈھول - hindoustani : ढोल, ڈھول - arménien : Դոլ) ou dohol (persan : دهل) est un tambour à deux peaux, joué avec les mains et avec une baguette dans le Caucase et notamment en Arménie, au Kurdistan, en Afghanistan, en Iran, au Pakistan, au Népal et en Inde.

Lutherie

C'est un gros tambour (membranophone à deux peaux) couché. D'un diamètre de 30 à 60 cm et long d'un mètre, il est en bois de tun ou de manguier. Les peaux sont maintenues coincées par des cercles de fer qui eux-mêmes sont tendus par des cordes qui entourent l'instrument en les reliant entre eux. Â chaque croisement de cordes, il y a une bague en métal qui peut glisser afin de retendre les peaux ou les accorder. Il n'y a pas de pastille noire, comme sur le mridang. il en existe aussi de très grands, en métal, dans le sud de l'Inde.

Jeu

On en joue assis ou debout (avec une lanière), en frappant les peaux avec la main droite et une fine baguette tenue par la main gauche. Les peaux ayant quasiment la même épaisseur, c'est le grand diamètre qui donne des sons grave. Toutefois, la claque avec la baguette peut être si forte qu'elle est plus sèche que celle de la main droite qui suit les variations de la mélodie.

Le dohol est très répandu et est lié aux festivités. Il est très sonore et est l'instrument de la rue, des festivals et des groupes folkloriques. C'est aussi un instrument que l'on entend beaucoup dans la musique de film et dans la musique bhangra. C'est un instrument assez simple et facile à jouer, mais il peut aussi devenir redoutable entre certaines mains expérimentées. Il en existe une variantes plus petites et plus populaires encore, le dholak.

 

Doyre

                                

 

Le doyre, dayre  est un tambour sur cadre rencontré en Azerbaïdjan, en Iran, au Kazakhstan, au Turkménistan,en Ouzbékistan, au Tadjikistan, au Kirghizistan et en Chine.

Lutherie

Il a un diamètre de 30 à 40 cm, un bord très épais et de gros anneaux métalliques à l'arrière (qui à l'inverse du daf, ne frappent pas la peau, qui est soit de chèvre, soit de chameau, voire de serpent).

Jeu

C'est un instrument polyvalent utilisé autant dans le folklore que dans la musique savante. Il est parfois joué par les chanteurs qui s'accompagnent ainsi. Beaucoup de femmes s'en servent également.

Source

  • Jean During, Musique et mystique dans les traditions de l'Iran, Institut français de recherche en Iran, Paris, 1989.
  • Jean During, Musiques d'Asie Centrale, Actes Sud, 1998.

Sorud (Ghaychak)

 

                                        

 La sorud (Pakistan), sarinda (Inde), ghaychak et gheychak (Iran) est une vielle rustique qu'on rencontre aussi au Népal et en Afghanistan, dont la forme et la taille est très variable, mais dont le principe reste identique.

Une variété existe aussi en Asie Centrale sous le nom de kobyz alors que le terme ghaychack y désigne une variété de la vielle à pique kamânche.

La sringara indienne n'en diffère que par la caisse de résonance ronde, large et très profonde, et le manche plus fin et plus long, plus proche du rabâb afghan.

Lutherie

La sorud est taillée dans un bloc de bois massif (du murier ou du teck). Elle ressemble au sarangi, puisqu'une peau sert de table d'harmonie, mais la caisse de résonance à un aspect rond plutôt que carré, plus précisément la forme de deux demi-lunes dont les pointes se touchent, et dont la partie supérieure ne comporte pas de peau. Il y a trois ou quatre cordes de jeu et une douzaine de cordes sympathiques. Souvent des grelots sont incrustés soit sur la caisse soit sur l'archet. Il y a aussi souvent des décorations en métal repoussé sur l'instrument

Techniques de jeu

La sorud est très similaire au sarangi dans le jeu également, puisque les cordes sont touchées sur le côté (et non appuyées par dessus) afin d'en varier la longueur.

Toujours cantonné à la musique folklorique sauf en Asie Centrale, cet instrument sert à des rituels extatiques et à opérer des guérisons au Balouchistan.

Références et liens

  • Jean During, Musique et mystique dans les traditions de l'Iran, Institut français de recherche en Iran, Paris, 1989.
  • Jean During, Musique d'Asie Centrale, Actes Sud, 1998.

 

 

Kamânche           

Joueuse de kamânche ; peinture du Palais Hasht-Behesht à Esfahan, 1669

Sommaire

                                                     

 Le terme kamânche, kamancheh ou kemenche, kemençe (کمانچه - signifie "petit arc" en persan) désigne une famille d'instruments à cordes frottées du Moyen-Orient. Il s'agit de vielles rustiques, le mot désignant plusieurs types d'instrument:

  • la vielle à pique avec caisse de résonnance ronde et table en peau, d'origine iranienne
  • la famille des vielles en bois répandue dans le monde ottoman : kemençe ottomane ou lyra politique, lyra pontique, lyra crétoise ou greque.

Leur origine remonte au Xè siècle selon Farabi

Kamânche iranien

C'est la vielle à pique que l'on retrouve aussi en Azerbaijan et en Ouzbékistan, Tadjikistan et Turkmenistan, sous le nom de ghaychak (à ne pas confondre avec le ghaychak iranien !) et au Turkestan chinois sous le nom d'aijeke

Lutherie

Le corps du kamânche consiste en un bâton qui traverse un petit corps rond fait en bois ou en courge, agissantt comme caisse de résonance, couvert d'une membrane fine en peau de mouton ou de poisson. Traditionnellement, les kamânches possèdent trois cordes de soie, cependant, les modèles modernes ont quatre cordes de métal. A la base se trouve une pique permettant de supporter l'instrument pendant qu'on en joue (comme pour le violoncelle).

Les kamânches sont très ornementés, souvent avec des inscrustations de nacre ou d'os et ils ont des chevilles en ivoire magnifiquement sculptées.

Techniques de jeu

L'instrument est joué avec un archet à tension variable qui est tenu non pas par dessus comme celui du violon, mais soutenu par en bas, la paume de la main visible. Le musicien est assis par terre (ou sur une chaise), la pique reposant sur le genou ou la cuisse.

                                                

 

                                           Kemençe ottoman/Politiki lyra

À l'inverse du violon, ce n'est pas l'archet qui tourne sur le chevalet, mais c'est l'instrument qui tournant sur lui-même (grâce à la pique), met ainsi en contact les diverses cordes avec l'archet qui reste parfaitement perpendiculaire.

C'est le seul instrument à cordes frottées de la musique classique Perse et Kurde. Kayhan Kalhor est un joueur de kamânche célèbre.

Kemençe et lyra

Il s'agit de petites vielles sans pique, avec un corps fondu dans la caisse de résonance, à l'origine du rebec. La gadoulka bulgare y est aussi apparentée.

Il en existe plusieurs variantes :

                                  

                                                         Lyra pontique

                            

                                                            Kemençe

  • (A) kemençe de la musique classique ottomane ou lyra de Constantinople (politiki lyra) pour les Grecs, dont la forme est très proche de la lyra crétoise, piriforme elle aussi.
  • (B) kemençe ou lyra du Pont (côte de la Mer Noire en Anatolie), instrument emblématique du peuple Laze de Turquie et des Grecs pontiques, pratiquée aussi en Grèce continentale suite à l'exil des Grecs de Turquie. Elle possède un corps oblong.

Lutherie

La table d'harmonie est ici en bois, comme le reste de l'instrument, très léger d'ailleurs. L'instrument est souvent taillé dans une seule pièce de bois massif évidée. Des décorations de marqueterie ou de bas-relief y sont parfois pratiquées. Une âme est placée sous le chevalet, à la manière de celle du violon. Elle est montée de trois cordes en général.

Techniques de jeu

(A) Une des particularités de cette famille d'instrument est la méthode de pression des cordes. Afin d'obtenir les variations nécessaires, les cordes ne sont pas pressées par en haut avec la pulpe des doigts, comme au violon, mais elles sont touchées de côté par les ongles qui glissent donc le long d'elles, comme au sarangi.

(B) Les cordes sont ici pressées sur la touche. Elle est traditionnellement jouée dans la région de Trébizonde.

Les musiciens jouent souvent sur plusieurs cordes à la fois en utilisant certaines cordes comme bourdon.

 

                          

 

Références et Liens

Extraits musicaux

 

Ney (musique)             

 

Sommaire

Le ney (du persan نى) ou nây (en turc) ou encore nai (en arabe) est une flûte droite en roseau, originaire d'Asie centrale, dont les plus anciennes formes datent de l'âge des pyramides (représentation sur des peintures tombales égyptiennes vers 3000-2500 av. J.-C.). Son nom persan signifie « roseau ».

C'est un instrument joué dans tout le monde arabe et qui porte bien des noms : gasba, qasba, guesba, fahal, jawak, awada' (Maghreb), kawwala, suffara, gharb (Égypte), shabbaba, shbiba, lula (Iraq), kaval turco-balkanique (dérivé en bois) ou blul (Arménie). Toutefois, cet instrument a connu un développement magistral en Turquie et en Iran.

Le nai roumain est particulier car il ne s'agit pas d'une flûte droite mais d'une flûte de pan.

Ney arabo-turco-persan

Il faut distinguer le ney populaire et archaîque du ney apparu dans les musiques savantes au XIIIe siècle. Le premier est percé de trous équidistants, dont la justesse laisse à désirer, alors que le second démontre une connaissance précise de l'acoustique et de la justesse des notes alliée à une technique d'exécution particulière.

Le ney « savant » apparaît à la faveur des concerts spirituels de Jalal Ud Din Rumi, les samâ's, s'inspirant du Mathnavi, son œuvre maîtresse où il se compare à un ney, utilisant cet instrument de manière centrale. C'est donc les derviches qui seraient responsables de son perfectionnement et de sa propagation de la Turquie à la Perse et au monde arabe.

Facture

  • Le nai arabe est constitué d’un simple roseau ouvert aux deux extrémités, dépourvu d'encoche mais biseauté à l'extérieur de l'embouchure, dont les caractéristiques sont constantes et indépendantes de la dimension, du timbre ou du registre. C'est le plus petit des trois types avec en moyenne 40 à 60 cm de long.
  • Le nay turc comporte sept trous. Il est biseauté à l'extérieur de l'embouchure. Le roseau doit être de préférence constitué de neuf segments (ou huit nœuds) et six trous antérieurs répartis en deux groupes similaires de trois placés dans les sixième, septième et huitième segments. Un trou postérieur, situé au milieu de l'instrument, est bouché par le pouce. Depuis le XIIIe siècle s'y sont ajoutés une embouchure en ivoire, en os, corne ou plastique et des bagues métalliques. Il utilise pour sa part une gamme propre à la musique classique turque (türk sanat müziği). C'est le plus grand avec une taille de 70 à 90 cm en moyenne.
  • Le ney iranien comporte six trous (dont un arrière bouché avec le pouce). Il est biseauté à l'intérieur de l'embouchure et comporte souvent un embout de métal associé à une technique de souffle plus difficile. Un autre cylindre de métal vient parfois protéger le pied de l'instrument. Le roseau doit avoir sept segments (six nœuds) et les trous sont disymétriques car répartis en un groupe de trois, placés dans les quatrième et cinquième segments, et un groupe de deux placés dans les cinquième et sixième segments. Il est parfois décoré à la pyrogravure. Sa taille intermédiaire est de 50 à 70 cm.

L'instrument se décline en de nombreuses tailles correspondant chacune à un ton différent. Ainsi, les flûtistes orientaux, pour éviter les transpositions par les doigtés, disposent en général de plusieurs neys, dont chacun donne un fondamental et un registre différents. Ils peuvent ainsi transposer en conservant leurs doigtés et jouer de concert avec différents instruments et chanteurs.

Jeu

On en joue assis en tailleur, sur les talons, sur une chaise ou encore debout selon les traditions et la qualité de souffle recherchée. On en joue des musiques savantes ou folkloriques en solo comme en ensemble.

La technique de jeu est complexe car l'embouchure est libre et ouverte (contrairement à une flûte à bec) et c'est donc le musicien qui doit contrôler l'émission de son souffle afin que celui-ci produise le son recherché, ce qui dépend aussi du doigté, de la position des lèvres, de la langue, et de l'angle entre les lèvres et le ney. Seuls les virtuoses peuvent couvrir les trois octaves de certains. Les micro-intervalles typiques des traditions musicales arabes, turques et persanes sont obtenus par la variation de l'inclinaison relative tête-roseau et l'obturation partielle des trous et de l'embouchure.

Pour jouer du ney arabo-turc, on dispose l'embouche contre sa lèvre inférieure et on incline le roseau selon deux obliquités différentes puis, en avançant les lèvres, on forme un trou rond de trois millimètres de diamètre. Le souffle doit être léger mais assez fort pour que l'air ne soit pas chaud et que la moitié de l'air soufflé entre dans le ney. Le doigté utilise les premières phalanges et non les pulpes des doigts pour obturer les trous.

                              

Le style de jeu iranien consiste à positionner l'embouchure entre les dents (incisives) et à diriger le souffle avec la langue recourbée à l'intérieur de la bouche et un côté de la lèvre supérieure relevé pour laisser passer le son. Il en resulte un son raffiné et puissant. C'est Nayeb Asadollah (vers 1920) qui emprunta cette technique au Turkmènes. Ici le ney est tenu droit mais des variations de positions permettent aussi l'altération des notes. Le doigté utilise plutôt les deuxièmes phalanges.

Le ney est nommé selon la note produite lorsque le premier trou est ouvert, tel le dokah (nom turc pour la note ré) de la musique arabe qui produit la note ré comme fondamentale, le mansur (sol grave), le kiz (la grave) et le yildiz (si).

Alors que les flûtes européennes utilisent uniquement le premier harmonique des notes produites pour leur deux premières octaves, le ney a la particularité d'utiliser toutes la série des harmoniques : octave, douzième (ou quinte de l'octave), quinzième (ou octave de l'octave), etc. Ainsi, sur un dokah, en utilisant uniquement le doigté du ré grave, un musicien aguerri produira les notes suivantes : ré grave, ré médium, la médium, ré aigu, fa aigu et la aigu. Ceci est rendu possible par l'organologie de l'instrument : la perce est très étroite, permettant de produire plus facilement les harmoniques aigus.

Le style turc est lisse et coulant, le style iranien favorise les staccatos et les changements d'octaves alors que le style arabe est souvent plus rythmique, selon la tradition des bergers.

Parmi les maîtres on peut citer :

Nai roumain

Il s'agit d'une flûte de pan connue depuis le XVIIe siècle en Roumanie et utilisée par les Tsiganes.

Facture

                                         

 

                                                  Exemple de nai roumain

Alors que le nai n'avait que sept tuyaux rangés à plat à l'origine, les instruments contemporains en comportent jusqu'à 30 grâce aux progrès organologiques réalisés au XIXe siècle. Ces tuyaux sont en bambou ou en bois forés et sont collés entre eux en une seule rangée sur un support courbe, permettant une grande rapidité d'exécution. L'ensemble forme une courbe agréable tout en ayant une progression du fait de la hauteur croissante des tuyaux. On accorde l'instrument à l'aide de cire d'abeille fondue au fond des tuyaux.

Jeu

De simple instrument populaire, le nai est devenu classique sous l'influence des virtuoses qui l'ont sauvé de l'oubli et qui l'ont aussi intégré aux ensembles folkloriques roumains : Fanica Luca (1894-1968) et Gheorghe Zamfir.

Bibliographie

  • Jean During, La musique iranienne, tradition et évolution (mémoire n°38), éd. Recherche sur les civilisations, Paris, 1984

Liens externes

 

Qanûn     

                                                   Qanûn datant du XIXe siècle

 

Sommaire

Le qanûn (en arabe ou persan : قاﻧﻮﻥ ; aussi transcrit kanoun, kanun, kanonaki, qanoun, quanoun, kalong) est un instrument à cordes pincées de la famille des cithares sur table, très répandu dans les pays du Moyen-Orient ainsi qu'en Grèce, en Iran, en Arménie et au Turkestan chinois. Il ne faut pas le confondre avec le santour qui est un instrument à cordes frappées.

Le mot arabe qanûn dériverait du grec : κανών, Kanon (la mesure) qui était aussi le nom donné à un instrument monocorde destiné à l’étude des intervalles en musique, connu déjà de Pythagore [1].

L’histoire ancienne du qanûn n’est pas bien connue. Il est vraisemblable que le qanûn descend de l’ancienne harpe. Certains l’attribuent au philosophe Al-Farabi à la fin du IXe siècle mais aucun écrit ne confirme cette thèse. D’autres lui attribuent une origine grecque ou assyrienne.

La plus ancienne mention de cet instrument, dans la littérature arabe, est dans les contes des Mille et une nuits - d’origine perse - au Xe siècle.

Le qanûn avait alors une caisse de résonance aux formes variées (rectangle, triangle ou trapèze) sur laquelle étaient posées des cordes en boyau soutenues, à la droite de l’instrument, par un chevalet en contact avec la table d'harmonie (en bois) et rattachées, à sa gauche, à des chevilles pour permettre l’accordement. Son introduction en Europe s'est faite sous le nom du psaltérion, sans doute colporté par l'avancée de l'Islam.

Lutherie

                                       

 

                                          Ancien qanûn rectangulaire

Le qanûn moderne remonte à la fin du XVIIIe siècle suite à son introduction progressive dans les pays sous influence Ottomane, au Maroc, en Iran, etc. Le qanûn ne permettait alors qu’un jeu monophonique avec la main droite. La main gauche devait appuyer sur les cordes pour changer la longueur de la partie pincée et ainsi permettre les modulations, à la manière des cithares asiatiques (koto ou qin).

A la fin du XIXe siècle, des luthiers turcs ont introduit à la gauche de l’instrument, près des chevilles, des leviers permettant lorsqu’ils sont abaissés ou levés de modifier la longueur de la corde et ainsi d’altérer la note. Une autre modification a consisté à ne plus laisser le chevalet en contact direct avec la caisse de résonance mais à le placer sur une série de 4 à 5 éléments en peau de poisson qui ont considérablement amélioré la qualité (timbre et volume) du son.

Aujourd'hui, le qanûn a une caisse de résonance en forme de trapèze d'une épaisseur variant entre 3 et 10 cm, la grande base varie entre 75 et 120 cm et la petite base entre 25 et 45 cm. La longueur de l'arête perpendiculaire varie entre 30 et 45 cm. Elle est en plusieurs type de bois (érable, acajou, noyé). La table d'harmonie est percée de 3 ou 4 rosaces et peut être incrustée de mosaïques.

Le chevalet en épicéa à pieds multiples est posé à cheval sur des peaux de poisson rectangulaires (4 pour les qanouns turcs et 5 pour les qanouns arabes) servant d'amplificateurs de résonance. Il est perpendiculaire à la base de l'instrument.

                                                   Chevalet à pieds multiples sur les 5

                                     peaux de résonance d'un qanûn arabe

 

 

 

 

Chevalet sur les peaux de résonance d'un qanûn turc

Peau de résonance qui supporte le chevalet

Les leviers sont des éléments métalliques (en cuivre pour le qanûn arabe et en alliage cuivre, nickel et zinc pour le qanûn turc) permettant d'altérer le ton d'une corde, de plusieurs degrés. Ils sont toujours placés en série, à gauche de l'instrument, près des chevilles, sur la table de support des leviers et chevilles. Ils doivent l'être avec une grande précision pour avoir des intervalles corrects car ils remplacent les doigts de l'instrumentiste qui modifient la longueur de la corde en la pinçant (luth...).

Leur nombre est la principale caractéristique d'un qanûn car il détermine la musique qui peut y être jouée. Plus on a de leviers, plus on peut atteindre des micro-intervalle petits :

  • Qanûn turc  : entre 5 et 12 leviers permettant des progressions par coma (musique turque).
  • Qanûn arabe : entre 2 et 6 leviers permettant des progressions par ¼ de tons (Le système ¼ de ton a été adopté lors du 1er congrès de la musique arabe en 1932. Mais de nos jour, il existe des qanûns arabes avec plus de leviers).
  • Qanûn grec et arménien : entre 1 et 4 levier permettant des progressions par 1/2 ton (musique occidentale).

                                        

 

 

Les cordes du qanun sont regroupées en chœurs de deux (pour les graves) ou trois cordes, accordées à l'unisson, de telle sorte qu'elles vibrent simultanément. Les graves sont à la base du trapèze et les aigus à son sommet. Leurs nombre varie entre 63 et 84 et elles couvrent entre 3 et 4 octaves. Elles sont faites de métal (pour les graves, jusqu’au DO N° 3) et de nylon de différents calibres.

Accord

Qanûn arabe

L'instrument est accordé selon la gamme d'Ut Majeur en partant du Sol n°2 et en choisissant une position pour les leviers de chacune d’elles. Mais pour jouer certaines œuvres, il n’est pas rare de voir le qanûnji abaisser ou augmenter certaines notes (on n’est plus dans un tempérament égal).

Vu le nombre de cordes, l’accordage du qanûn peut être une tâche fastidieuse (surtout par temps humide en raison des peaux). Un qanûnji expérimenté peut accorder un bon instrument en un ¼ d’heure à l'aide d'une clef d’accordage, qu'il place sur la cheville correspondante et tourne tout en exerçant une pression vers le bas pour que la cheville reste fixée dans le trou.

Les cordes ainsi accordées prendront les noms des notes. Ces noms peuvent être ceux du système occidentale (DO, RE, MI…, ou A, B, C) ou orientaux (Rast = DO, Doukha=RE, SIKAH=Mi…).

Sur le qanûn arabe, les cordes Sol et Do sont généralement repérés par deux petits symboles.

On accorde les notes Ré, Mi, Fa, Sol (ayant chacune 5 leviers) avec le 3ème levier à partir de la droite levé, on peut donc jouer Ré, Mi, Fa, Sol sans avoir à altérer les cordes :

                             

 

Symboles permettant de repérés les cordes de Sol (hexagone) et de Do (échiquier)

Cas 1 (3ème levier levé) - Aucune altération

L1

L2

L3

L4

L5

Note

Corde

O

O

X

O

O

O

O

X

O

O

Mi

Mi

O

O

X

O

O

Fa

Fa

O

O

X

O

O

Sol

Sol

En altérant la corde du Mi et du Fa par abaissement de tous les leviers des deux cordes, on peut jouer :

Cas 1 (3ème levier levé) ; Altération des cordes Mi et Fa

L1

L2

L3

L4

L5

Note

Corde

O

O

X

O

O

O

O

O

O

O

Mi

Mi

O

O

O

O

O

Mi

Fa

O

O

X

O

O

Sol

Sol

Maintenant on accorde les notes Ré, Mi, Fa, Sol (ayant chacune 5 leviers) avec le 3ème levier levé, sauf pour le Fa où ils sont tous abaissés :

Cas 2 (3ème levier levé) sauf pour le Fa

L1

L2

L3

L4

L5

Note

Corde

O

O

X

O

O

O

O

X

O

O

Mi

Mi

O

O

O

O

O

Fa

Fa

O

O

X

O

O

Sol

Sol

Avec cette configuration, il n’est pas possible de jouer Ré, Mi b, Mi, Sol sur 4 cordes consécutifs (Ré, Mi, Fa, Sol) car la corde du Fa ne peut pas être abaissée en Mi. Par contre, elle permet de jouer Ré, Mi, Sol, Sol b puisque la corde du Fa peut être altérée en Sol

                  

 

                                                         Qanûn turc

Cas 2 (3ème levier levé) sauf pour le Fa - Altération du Fa

L1

L2

L3

L4

L5

Note

Corde

O

O

X

O

O

O

O

X

O

O

Mi

Mi

O

O

O

O

X

Sol

Fa

O

O

X

O

O

Sol

Sol

Techniques de jeu

C'est essentiellement la musique savante arabo-turque, les maqâms, qui est jouée sur cet instrument difficile, bien qu'il soit aussi utilisé dans la musique actuelle, pour les films notamment. Il peut se jouer en solo, ou accompagné d'une percussion (riqq ou daf) ou en accompagnant un chanteur ou un ensemble.

Le qanûn se joue en étant posé sur un support ou sur les genoux du qanûnji (joueur de qanûn) assis sur une chaise. Les cordes sont pincées avec l’index de chaque main ou à l'aide de plectres (mezrab fait de corne de bœuf, de plume de rapace, de métal ou de plastique) et fixés à l’index par une bague métallique, si bien quele qanûn est un instrument très riche en sonorités.

Pour pincer la corde, le pouce de la main droite doit être placée derrière ou sur la corde qui précède celle que l’on veut frapper. L’index est levé puis vient frapper la corde de façon à ce que le plectre la pince perpendiculairement en touchant les 3 cordes à la fois. Ces contraintes sont déroutantes et constituent une difficulté non négligeable pour les débutants.

Les mains ont un rôle bien spécialisé et pas toujours symétrique :

  • La main droite joue la mélodie. Elle attaque la corde juste avant le cadre des peaux de résonance ou au milieu.
  • La main gauche peut jouer :
    • La même mélodie que la main droite mais une octave en dessous et en attaquant les cordes soit au même moment, soit avec un léger décalage créant un effet syncopé.
    • Aide la main droite à jouer les passages rapides (sextolets, trilles, triples croches, etc.)
    • Un accompagnement de la mélodie jouée par la main droite : les notes de la main gauche sont souvent jouées en arpège et non simultanément.
    • Une ornementation : en jouant une note en haut ou en bas de la note jouée par la main droite, en jouant des effets glissando, vibrato ou d’étouffement.
    • Lève et abaisse les leviers pour les modulations.

Ornementations :

  • Trémolo à deux mains : les deux mains pincent successivement et rapidement la même note ou à une octave l’une de l’autre.
  • Trémolo de la main droite : le bas de la paume de la main droite est placée sur le chevalet avec l’index au dessus de la note jouée légèrement en oblique, et le poignet oscille pour frotter la corde par des aller-retour rapides et réguliers comme pour un oud.
  • Glissando : la main gauche est courbée de façon à ce que la bague soit au contact de la corde et le pouce vient s’appuyer sur l’index en exerçant une légère pression et la main glisse sur la corde juste après qu’elle soit jouée par la main droite.
  • Vibrato avec le levier : la main gauche lève et abaisse plusieurs fois et rapidement un levier pendant que la main droite joue cette note une ou plusieurs fois.
  • Vibrato avec l’ongle : l’ongle du pouce de la main gauche vient touché plusieurs fois la corde à l’endroit voulut pendant que la main droite joue cette note une ou plusieurs fois.
  • Pizzicato : les doigts de la main gauche et/ou droite à l’exception des indexs, pincent les cordes au milieu de l’instrument, l’une devant l’autre, comme quand on joue d’une harpe.
  • Harmonique : On pose légèrement un doigt en un endroit précis de la corde, sans appuyer, de manière à bloquer certains modes de vibration : en mettant le doigt au milieu de la corde, on ôte par exemple le mode fondamental, et on entend alors surtout le premier harmonique, une octave plus haut que la note obtenue sur cette corde à vide. Ces notes sont appelées des harmoniques et ont des sonorités assez flutées.
  • Etouffement : il y a trois façons d’étouffer la note :
    • L’ongle du pouce de la main gauche étouffe la corde jouée par la main droite.
    • L’auriculaire de la main droite exerce une pression plus ou moins importante selon l’effet désiré sur la corde que vient de jouer cette main.
    • La partie de l’avant bras près du poignet vient se poser sur les cordes pour les étouffer.

Parmi les interprètes célèbres, on peut retenir :

Notes

  1. Kanun, Ministère de la Culture Turc. Voir aussi Le grand Bailly grec-français s.v.κανών: particul.:1 μουσικὸς κανών, Theol.2,27; DL. 8,12, appareil monocorde, sorte de diapason. Egalement Meizon elliniko lexiko, s.v. κανονάκι (kanonaki) et s.v. κανόνι (kanoni).

Liens

 

Rabâb          

Sommaire

Le terme rabâb ou rubāb, robâb, rebâb, rubob et rawap désigne deux grandes familles d'instruments à cordes dont la table d'harmonie est une peau. Le terme est attesté dès le Xè siècle chez le musicologue Farabi.

On distinguera les vielles à pique, instruments à cordes frottées d'une part, et les luths, instruments à cordes pincées, d'autre part. Tous ces instruments se sont répandus dans le monde musulman, du Maroc à l'Indonésie, mais curieusement, ces deux familles semblent exclusives l'une de l'autre, sauf en Iran. On pourrait dire que c'est un curieux métissage entre la banjo et le violon...

Vielles rabâb

Le rabâb est une vielle à pique rustique. Il en existe de deux types :

  • grand, à manche long et fin, sans frette, à troiis coordes, plutôt utilisé dans la musique classique sud-asiatique.
  • petit, à manche court et large, sans frette, monocorde, plutôt utilisé dans la musique folklorique asiatique et nord-africaine (où on l'utilise aussi dans la musique classique). Il s'apparente alors au kamânche.

Lutherie

L'instrument est petit et léger. Le corps n'est souvent qu'un simple bâton, qui traverse un résonateur en bois (carré ou convexe ou rond) ou en noix de coco, recouvert de peau, et qui repose sur une pique, comme un violoncelle.

Les 2, 3, ou 4 cordes sont en boyaux épais. L'archet est rustique aussi et toujours tendu par pression de la main pendant le jeu.

Techniques de jeu

L'instrument est posé soit à terre, soit sur le genou du musicien qui est assis par terre. C'est l'instrument qui tourne sur lui-même qui met en contact les cordes avec l'archet tenu parfaitement perpendiculairement. Ce dernier est soutenu par en bas, paume visible.

Une corde (souvent actionnée par un doigt) sert de bourdon alors que les autres développent la mélodie avec l'archet.

Luth rabâb

Kabuli rabâb

Le rabâb est aussi un instrument à corde pincées originaire d'Iran, du Pakistan et surtout d'Afghanistan où il est considéré comme l'instrument national, étant particulièrement apprécié par les Pachtounes. Toutefois, en raison de la guerre, tous les musiciens et luthiers se sont réfugiés au Pakistan, à Peshawar, notamment. Beaucoup d'instruments ont été détruits à ce moment là ; n'y ont échappé que ceux qui avait été entérrés. Il en existe aussi en Inde, au Cachemire, et une variété au Népal avec une touche métallique et une tête sculptée sur le chevillier.

Lutherie

                                          Kabuli Rabâb

C'est un luth à manche court, taillé dans du bois massif de murier, coupé, évidé et collé. Une peau de chêvre collé fait office de table d'harmonie. Le manche est creux et recouvert de nacre et d'ivoire sur la touche. Il y a trois ou quatre frettes en boyau sur celle-ci. De minuscules ouïes sont pratiquées sur la peau et sur la touche. Un chevalet (sur pied) en os taillé avec des trous et des sillets, repose sur la peau.

Il comporte trois cordes mélodiques en boyaux, trois cordes mélodiques chikari et 11 ou 12 cordes sympathiques. Il arrive que les cordes soit toutes en métal.

jeu

L'instrument est tenu horizontalement sur la cuisse droite, le manche vers la gauche. Le musicien eest assis par terre. Les cordes sont pincées au moyen d'un petit plectre en noix de coco ou en corne (jâva). On ne joue pas d'accord.

On y joue tout autant des musiques folkloriques que la musique classique iranienne ou afghane. Il est utilisé tant au sein d'ensembles instrumentaux que pour des solos instrumentaux.La communauté ismaélienne de la vallée du Hunza accompagne ses poèmes religieux avec cet instrument à cordes traditionnel.

C'est l'ancêtre du sarod de l'Inde du nord, mais il n'est jamais utilisé dans la musique indienne classique.

 

Kashgari rawap   

Il en existe des variantes en Ouzbékistan, au Tadjikistan et en Chine (Turkestan), qui ont tous la particularité d'être des luths à manche long.

Lutherie

Le long et fin manche est taillé dans du bois de noyer ou des fruitiers. Des incrustations d'os le recouvre. Parfois des peaux de serpent (sinon de chèvre) sevent de table d'harmonie placées sur le petit corps hémisphérique (taillé en bois ou en lamellé-collé) de l'instrument. Il y a deux excroissances (en forme de cornes) à la base du manche qui semblent être un souvenir de l'emplacement d'un archet... Il y a de cinq à sept cordes métalliques, placées en choeurs de deux avec des bourdons rythmiques.

Jeu

On en joue debout ou assis, ll corps de l'instrument posé contre le haut de la poitrine, soutenu par l'avant-bras droit, et le manche reposant sur la main gauche, légère. Le plectre mezrap est tenu entre pouce et index droits. On y joue tout autant des pièces folkloriques que la musique savante du maqôm ouzbèk ou tadjik.

Notes et références

  • (en) Stanley Sadie, Tne new Grove dictionary of musical instruments, London, Grove, 1985.
  • Jean During, Musiques d'Asie Centrale, Actes Sud, 1998.

 

Santour   

Sommaire

Le santour est un instrument de musique appartenant à la famille des cithares sur table. Il s'agit d'un instrument de percussion mélodique à cordes frappées, tout comme le cymbalum ou le piano apparus plus tard, dont il est à l'origine. On en joue en effet à l'aide de deux petits marteaux (mezrab) placés entre les doigts. Son nom signifie "cent cordes". Sans doute très ancien (peut-être assyrien), les premières traces écrites ou visuelles ne datent que du XIIe siècle. Il ne faut pas le confondre avec le qanun, qui se joue avec les doigts munis d'onglets en pinçant les cordes.

Étant donné le grand nombre de cordes mises en oeuvre, le santour est un instrument à l'abord redoutable : il suffit d'essayer d'accorder 12 guitares ou 18 violons pour comprendre ce sacerdoce. 72 ou 100 cordes à accorder (en choeurs de trois ou quatre) quotidiennement n'est pas une mince affaire quand il n'y a pas une structure en acier (comme pour le piano) pour la maintenir en place, mais une simple lutherie entièrement en bois nobles, mises à part les cordes et les chevilles. Cette légèreté lui a permis de faire partie des instruments migrateurs, adoptés tant par les musiciens itinérants (qui le portent en bandoulière) que par les musiciens savants (qui le jouent assis).

La particularité de pouvoir jouer plusieurs cordes en même temps et successivement en "accord ouvert" offre une richesse de résonances et d'harmoniques extraordinaire. Comme rien n'arrête la vibration de la corde, elle a un sustain, une tenue très longue, et il se produit alors une forme d'harmonie non pas groupée en un accord simultané, plaqué, mais groupée de manière successive, ce qui rend le jeu difficile. Les choeurs de trois ou quatre cordes accordées à l'unisson permettent aussi une amplification du son par sympathie et vibration réciproque.

Toutes ces particularités acoustiques font que c'est un instrument très efficace pour la musique modale, mais très limité pour la musique harmonique, qui se joue avec des accords (de trois notes simultanées au moins). L'effet est toutefois saisissant puisqu'on a l'impression d'entendre plusieurs instruments en même temps quand on en joue, étant donné que la rapidité des notes données toutes faites (comme au piano) et ne nécessitant pas une préparation par un placement des doigts (comme au luth).

Il existe cinq types de santour :

Le santûr d'Iran

Lutherie

Le plus ancien et le plus petit de la famille. Très sobre esthétiquement et très brillant pour la sonorité. Il a 72 cordes, disposées à l'aide de 18 chevalets sur une table d'harmonie trapézoïdale (90cm x 38cm x 5cm) formant un angle à 45°.

La structure de la caisse de résonance et les chevalets (dont les sillets sont en métal) sont en bois dur (noyer, chêne) alors que la table d'harmonie est en bois plus tendre (hêtre, acajou, noyer). Étant donné l'énorme pression des cordes sur la table, il faut toutefois une certaine épaisseur ainsi que des âmes réparties en des endroits clés assurant à la fois solidité et résonance. Tout est collé, il n'y a aucun clou ou vis.

Deux petites ouïes, en forme de fleurs ou rosaces, permettent une meilleure circulation de la celle-ci. Elles sont complétées par une ouverture au milieu de l'éclisse arrière, assurant un plus grand volume sonore et permettant le réglage des âmes.

Les cordes graves sont en bronze et les aigus en fer ou en acier (plus résistant mais moins brillant). Les chevilles, placée sur le côté droit, sont coniques et lisses, bien qu'on ait utilisé longtemps des filetées. Une clé d'accord est utilisée pour les serrer. Grâce à l'angulation retenue pour la caisse de résonance (45°), les cordes sont toutes du même calibre, puisque celles réservées aux basses auront naturellement une longueur supérieure à celles dévolues aux aigus.

Les baguettes ou marteaux (mezrab) ont 20 cm de long, avec un bout recourbé (comme un patin) parfois agrémenté de feutre, et l'autre avec une encoche ou un anneau facilitant la préhension. Ils sont très légers, très fins et très résistants grâce aux bois durs employés (buis, nêflier). Alors que traditionnellement ils étaient droits, ils sont très souvent courbes aujourd'hui.

Si l'instrument est resté si petit et si sobre, c'est qu'il devait littéralement circuler sous le manteau, la musique n'étant pas très bien perçue dans le monde musulman en général, chiite en particulier, mise à part la cantillation du Coran. Il fut ainsi réservé à la méditation intimiste.

Jeu

Il existe deux grandes écoles de jeu pour la tenue des mezrabs : les anciens en jouent avec les poignets et très loin du santur mais les modernes se servent plus de leurs doigts et jouent très près. De temps en temps aussi, ils étouffent le son de l'instrument avec la main ou avec un morceau de soie.

L'accord est diatonique avec des quarts de tons selon les modes persans, les dastgâhs. Il a un registre de 3 octaves et demi disposées en trois sections parallèles grâce à un artifice acoustique : la même série de neuf chevalets (en forme de pions d'échiquier) médiants est utilisée pour le médium et l'aigu en frappant successivement à droite puis à gauche, alors que la série de neuf à droite de l'instrument, réservée aux basses, ne se percute qu'à gauche. Les deux premiers chevalets servant en outre de pédale de basse et d'autre part de note modulable.

Cette disposition est astucieuse également pour le jeu : en effet, le musicien ne pourrait pas s'y retrouver devant tant de cordes. Avoir deux séries séparées de chevalets offre une différence de hauteur de corde par rapport à la table d'harmonie : elles se croisent en son milieu et remontent chacune de leur côté, offrant ainsi un dénivelé visuel. Celui-ci est aussi augmenté par le fait que les chevalets sont disposés en quinconce, si bien qu'on a toujours un choeur de cordes en haut puis un en bas, etc. Pour changer de mode, il faut bien sûr réaccorder l'instrument, mais cela peut être effectué rapidement de manière temporaire en s'arrêtant de jouer et en déplaçant à gauche ou à droite, les chevalets amovibles (les tentatives d'user de chevalets à roulettes n'ont guère convaincu).

On en joue toujours assis (ou à genoux), parterre ou sur une chaise, l'instrument reposant soit sur les genoux soit devant le musicien (santouriste), sur une table ou un tapis... Le jeu est très virtuose (par ex. chaharmezrab) et demande une dissociation mentale afin de pouvoir jouer d'une main un rythme et de l'autre une mélodie, tout en donnant aussi les accents du rythme, un peu à la manière du piano et autres instruments à deux voix. Le santûr se prête à l'exécution du radif, corpus écrit de musique savante persane, mais aussi des pièces populaires. Il peut se jouer seul, en duo, en ensemble ou accompagné d'une percussion (tombak ou daf) ou d'un orchestre. L'usage de partitions s'est répandu depuis son enseignement en conservatoire.

Ses principaux joueurs contemporains sont Faramarz Payvar, Madjid Kiani et Parviz Meshkatiân.

Le santoor d'Inde

Lutherie

Possiblement aussi ancien dans le Sud mais disparu. Réapparu tardivement dans le Nord (Cachemire), certainement sous l'influence perse. Il a 100 cordes et 30 chevalets sur une table (80cm x 60cm x 8cm) à l'angle de 60°.

                            

La structure et les chevalets (sillets en os) sont en en teck ou noyer avec une table d'harmonie très variable, souvent en contre-plaqué... le tout est collé et cloué.

Il n'y a aucune ouïe comme dans tous les instruments indiens, mais il y a bien des âmes parfois remplacées par des barres de soutien (physique plutôt qu'acoustique).

On utilise au moins huit calibres différents de cordes hétérogènes (acier, fer, bronze, laiton, filetée), ce qui ne facilite pas la maintenance. Les chevilles sont placées sur le côté droit. Il est plus grand, plus lourd, plus volumineux et plus sonore. Il est également plus décoré soit par des bas reliefs, soit par des ajouts de marqueterie. Tout ceci tient au fait que la musique indienne était une musique de Cour et qu'il fallait jouer devant des rois dans de grands halls.

Les mezrabs sont similaires mais avec un poids bien supérieur ce qui provoque deux nouvelles utilisations : le musicien se sert du poids du mezrab à titre de rebond afin de créer des trémolos. De plus, il peut aussi le faire glisser sur les cordes et obtenir un son très feutré. Enfin, les indiens sont accoutumés de se servir aussi de leurs doigts ou mains afin d'étouffer le son ou de faire quelques arpèges, voire même un glissando par pression sur une seule corde.

Jeu

L'accord est diatonique selon les râgas bien que la structure de l'instrument pourrait accueillir une échelle chromatique. Curieusement d'ailleurs, les indiens ne jouent que sur une seule section à la fois, réservant l'autre pour un autre mode diatonique ou râga. Il a un registre de 2 octaves et demi disposées en deux sections parallèles. On ne frappe que d'un même côté du chevalet de telle sorte que le jeu va plutôt vers l'avant que vers la gauche ou la droite. Bien qu'amovibles, on ne bouge jamais les chevalets.

On en joue assis parterre, l'instrument posé sur les genoux. Le jeu est moins virtuose que le perse, mais tout autant rapide. Ce n'est que très récemment qu'il a été intégré à la musique classique hindustani, se cantonnant jusques là au folklore du Cachemire. Cette limitation géographique couplée au fait que les musiciens ne se servent que d'une seule partie de l'instrument pour jouer, laisse supposer qu'il s'agit d'une importation par la Route de la Soie, plutôt que d'un instrument autochtone. Il se joue toujours accompagné de percussions (tabla). Il s'apprend par mémorisation. La tradition orale indienne fait fi des partitions.

Ses principaux représentants sont actuellement Shivkumar Sharma, Tarun Bhattacharya et Bhajan Saupuri.

Le santûr d'Iraq

Lutherie

Il est très exactement entre l'iranien et l'indien, pour la taille (100cm x 55cm x 9cm et angle à 50°) et la structure générale (23 chevalets amovibles supportants des choeurs de trois ou quatre cordes) avec 80 à 92 cordes offrant 4 octaves.

La structure est en noyer, abricotier ou oranger, et la table en hêtre ou contre-plaqué. Les mailloches (madarib ornées parfois de feutre) et les chevalets (appelé "gazelles") sont en chêne. Des ouïes importantes à formes variables sont pratiquées. Les chevilles sont placées sur le côté droit.

Jeu

L'accord est diatonique selon les maqâms. Les chevalets sont organisés comme pour le santur perse, mais au lieu d'avoir deux séries de neuf chevalets, on a une série de sept chevalets à droite auxquels s'ajoute une série de quatre plus bas, encore plus à droite, assurant des basses profondes, que l'on joue uniquement à gauche, et une série de douze à gauche, que l'on joue de part et d'autre.

Il se joue toujours en ensemble, posé sur une table, le musicien assis sur une chaise.

Il n'est guère répandu, sauf dans le milieu citadin (Bagdad, Mossoul, Kirkuk et la diaspora du Caire) où il est parfois joué par des musiciens de la communauté juive et fait partie des ensembles classiques, et un peu au Kurdistan dans la musique folklorique.

Le santouri de Grèce

Lutherie

Le plus récemment apparu (XIXè siècle), il est très différent des autres et beaucoup plus grand (100cm x 70cm x 10 cm et angle à 70°) du fait qu'il est chromatique. Il s'apparente davantage au cymbalum et la disposition des cordes offre six sections de jeu, pour un registre de 3 octaves et demi.

Il a environ 115 cordes disposées en choeurs de 2, 3, 4 ou 5 sur cinq séries de chevalets (non amovibles, reliés avec des sillets en métal) reposant sur des barres de soutien creusées pour permettre leurs passages.

Les mailloches sont imposantes (25cm), lourdes, toujours entourées d'étoupe à l'extrémité, afin de feutrer le son, et jouées avec les poignets. Les chevilles sont placées à droite, à côté de la table d'harmonie. Là aussi il faut des calibres de cordes différentes pour assurer le rendu correct des harmoniques de l'échelle chromatique.

Jeu

Il se joue soit assis, posé sur une table devant soi ou sur les genoux, soit debout, suspendu au cou du musicien à hauteur de hanches. Sa palette est aussi bien mélodique qu'harmonique ; il se prête autant au solo qu'à l'accompagnement. Avec ou sans partitions, on y joue tout autant le folklore dansant grec, le rébétiko ou la musique ottomane.

L'instrument est très certainement arrivé avec les vagues de réfugiés grecs de l'empire ottoman, notamment de Smyrne, où il se jouait dans les cafés. Concentré sur l'île de Lesbos au départ, il s'est répandu de manière confidentielle en subissant autant l'influence musicale roumaine que turque. Certains artistes ont tenté de développer un style de jeu à quatre mailloches...

Voici quelques musiciens contemporains : Aristides Moschos, Tasos Diakoyiogis, Nikos Karatasos. Auxquels on ne manquera pas d'ajouter un personnage haut en couleur :"Depuis que j'ai appris à jouer du santouri, je suis devenu un autre homme ." Alexis Zorba

Le santûr de Turquie

Lutherie

Ce n’est qu’à la fin du 19è siècle que le santûr se propage en Turquie. On en recense alors deux types : alafranga et alaturka.

Le santûr alafranga avait 160 cordes et 32 notes et était surtout joué par des musiciens juifs ou roms dans des groupes instrumentaux. Très vite les turcs l’adoptent sous le nom de hamaili santûr, et l’adaptent en changeant la place des chevalets et le nombre de cordes (105 et 24 notes). Mais l’insuffisance de ses notes diatoniques le rendant impropre à l’exécution de la musique savante turque, les musiciens le délaissèrent même si certains passionnés composèrent des centaines d’oeuvres pour lui.

Le santûr alaturka le remplaça alors, perdant dans l’étendu de son registre, il gagna dans la variété de ses notes. Il était non seulement chromatique, mais en plus capable de rendre des quarts de tons (comme certains pianos orientaux). Toutefois il était encore très loin d’offrir le nombre de notes suffisantes à l’exécution de la musique turque qui divise l’octave non pas en douze, mais en vingt cinq notes minimum.

Jeu

Ces instruments n’ont ainsi jamais gagné le cœur des musiciens citadins, et sont restés dans les campagnes ou avec les minorités. Aujourd’hui, il n’y a que de très rares interprètes qui comme Oktay Özkazanç, continuent à le modifier structurellement, mais achoppent tous devant le même problème du rendu de l’intégralité des notes.

Il a ainsi quasiment disparu de Turquie pour des raisons de modulations musicales. En effet, sous la poussée de la musique arabe plus modulante, la musique turque s'est mise en quête d'effets et a donc abandonné un instrument incapable de moduler de manière microtonale, à l'instar du qanûn qui en un clin d'oeil, peut offrir une palette de plusieurs altérations d'une même note, par l'abaissement de petits clapets, ce qui ne gène guère l'exécution puisqu'il se joue avec les doigts et non des baguettes.

Instruments apparentés

Références et Liens

Nikos Kazantzakis, Alexis Zorba, Paris, Plon, 1963

Jean During, La musique iranienne : Tradition et évolution, A.D.P.F., Paris, 1984.

Schéhérazade Qassim Hassan, Les instruments de musique en Iraq, EHESS, Paris, 1980.

(en) David Kettlewell, The Dulcimer, PhD thesis. History and playing traditions around the world (1976) http://dulcimer.new-renaissance.com

(en) http://www.nonsuchdulcimer.org.uk/articles/santouri.htm

(de) Tobias NORLIND, Systematik der Saiteninstrumente, dl. 1, Stockholm, 1963.

(tk) http://www.turksanturu.com/indexeng.htm

Nikos Kazantzakis, Alexis Zorba, Paris, Plon, 1963

Jean During, La musique iranienne : Tradition et évolution, A.D.P.F., Paris, 1984.

Schéhérazade Qassim Hassan, Les instruments de musique en Iraq, EHESS, Paris, 1980.

(en) David Kettlewell, The Dulcimer, PhD thesis. History and playing traditions around the world (1976) http://dulcimer.new-renaissance.com

(en) http://www.nonsuchdulcimer.org.uk/articles/santouri.htm

(de) Tobias NORLIND, Systematik der Saiteninstrumente, dl. 1, Stockholm, 1963.

(tk) http://www.turksanturu.com/indexeng.htm

 

Setâr d'Iran                      

Le setâr ( سه تار : in Persian) est un instrument de musique iranien dont le nom signifie "trois cordes" en Persan. C'est un membre de la famille des luths à manche long. Son origine se trouve en Perse à l'époque de l'expansion de l'Islam. C'est un descendant direct du tambur vieux d'environ trois mille ans, et un parent direct du sitar indien. Il en existe une variante en Azerbaïdjan et au Tadjikistan.

 

Sommaire

 Lutherie

Le setâr se compose d'une caisse de résonance arrondie composée de fines bandes de bois (de hêtre ou mûrier) lamellée-collée. La table d'harmonie en hêtre est très fine et percée de toutes petites ouïes. Le manche, long et fin, est en fruitier ou noyer et les quatre chevilles en buis. L'instrument est resté sobre et discret afin de pouvor passer inaperçu dans une région où la musique n'a pas toujours été bien vue.

L'instrument a 25 à 27 frettes disposées de manière non régulière pour des yeux non avertis, permettant de jouer des quarts de tons. Il y a deux siècles et demi, une quatrième corde a été ajoutée, accordée très souvent à l'octave supérieur de la corde grave pour y donner plus d'ampleur. On l'accorde généralement ainsi : Do3 - Sol2 - Do3 - Do2. Le registre du setâr est de deux octaves et demie. Malgré son très faible encombrement, il est assez sonore.

Jeu

La main droite reposant sur la table d'harmonie, seul l'ongle de l'index pince les cordes en un mouvement de va et vient, permettant une grande virtuosité et offrant des sonorités riches et raffinées. Les deux dernières cordes jouant le rôle de bourdon rythmique. On peut changer l'accord pour certaines mélodies.

Il a toujours été destiné à jouer le répertoire de la musique d'Iran, le radif. il est populaire et les femmes aiment aussi à jouer de cet instrument très ténu. Généralement, c'est plutôt dans un cadre méditatif ou intimiste qu'on en joue.

Il existe une méthode par Hossein Alizadeh.

Musiciens célèbres

Quelques joueurs de setâr célèbres :

Liens externes

Extraits musicaux

 

: Tanbur

 Tambur kurde

 

Sommaire

 Le tambur ou tanbur ou tamboura ou tampura ou tampuri ou tamburitza ou tonbul (d'autres dérivés : pandura, pandore, bandora, dombra) est un instrument à cordes ancien. Ce terme désigne une famille de luths à manche long, fort différents, répandus en Chine, en Ouzbékistan, au Kazakhstan, en Afghanistan, en Inde, en Iran, en Irak, en Turquie, en Azerbaïdjan, en Arménie et dans les Balkans.

Il ne s'agit pas d'un instrument de percussion malgré l'homophonie du tambour, mais d'un instrument à cordes pincées. De fait, la tanpora ou tanburah égyptienne relève plus d'une erreur de vocable récente, puisqu'il s'agit d'une lyre connue sous le nom générique de simsimiyya.

Histoire

Il existait dans l'Antiquité au moins deux variétés distinctes de tambur.

  1. Avec une forme plus ou moins piriforme : cet instrument est utilisé en Assyrie et en Perse, puis introduit par l'Asie mineure en Grèce, d'où il passa ensuite dans l'Empire romain. La caisse, formée d’une courbe gracieuse de la base jusqu'au manche, a évolué vers une ligne extérieure plus tranchée, s'approchant d'une forme triangulaire aux angles arrondis.
  2. Avec une forme ovale : c'est l'instrument favori des Égyptiens. On le rencontre aussi en Perse antique et parmi les Arabes d'Afrique du Nord, qui l'ont introduit en Espagne.

Le terme sumérien pantur est à l'origine du tambur persan et du pandoura gréco-latin qui désigne aujourd'hui une variété de cithare-luth ukrainienne (la bandura) et un petit luth géorgien (le panduri).

Les Persans utilisaient un tambur à six cordes, qu'ils distinguaient des autres instruments [1].

Un tambur figure sur un bas-relief assyrien exposé au British Museum, qui date du règne de Assurnazirpal II, vers 880 av. J.-C.. Dans une scène illustrant la vie dans un camp, le musicien joue d'un tambur piriforme avec un manche très long et fin, qui n'aurait pu avoir que deux cordes, tandis que deux hommes déguisés dansent.

Le tambur a évolué avec les Romains, qui ont élargi le manche pour accueillir quatre cordes et adopté une caisse ovale. On en trouve un exemple sur les marbres de la collection Townley au British Museum, où un bas-relief daté de 150 av. J.-C. illustre le mariage d'Eros et de Psyché montre l'instrument en entier et de profil.

C'est au VIIIe siècle que le terme tunbûr apparaît dans un manuscrit arabe[2]. Il se répand très vite sous la forme de tambur dans tout le Moyen-Orient. Dans ses traités de musique, Al-Farabi, un philosophe persan du Xe siècle, mentionne deux types de tambur, consacrant un chapitre à chacun : celui du Khorasan de type persan, et celui de Bagdad de type assyrien. Ces deux instruments diffèrent en forme, en taille et par la disposition des frettes. Al-Farabi ne décrit pas la forme de la caisse, détaillant davantage les dimensions de l'instrument. Au XIe siècle, le tambur parvient en Inde, bien qu'il existait déjà un long luth dans le sud du pays. C'est sans doute à la même période, à la faveur de l'expansion de l'Islam, qu'il se répand autour de la Route de la soie.

Le tambur a traversé le Moyen Âge et l'époque moderne sous différents noms. Les miniatures des Cantigas de Santa Maria représentent des instruments ovales comme le scheschta, alors qu'une variété à trois cordes est connue sous le nom de schrud.

Tambur (Iran et Asie Centrale)

Iran

Depuis l'Antiquité, il est joué en Iran au Kurdistan, au Khorasan, au Hormozgan, au Lorestan et jusqu'au Sindh voisin ; c'est certainement le plus typique et le plus répandu.

Lutherie

Il existe deux variétés de tambur en Iran :

  • avec petite caisse de résonance assez anguleuse, taillée dans un bloc de murier (asssez proche du dotar)
  • avec caisse de résonance bombée et arrondie, en lamellé-collé de hêtre, noyer ou murrier (assez proche du setar ou du saz turc)

A celle-ci se greffe un long et fin manche (en poirier ou abricotier), qui était parfois solidaire du bloc. S'y ajoute aussi une table d'harmonie légère en hêtre, percée de très petites ouïes à peine visibles. Les cordes, deux aiguës à l'unisson et une grave à l'octave, reposent sur un tout petit chevalet. Elles sont accordées au moyen de petites clés au bout du manche. Il y a 13 ou 14 frettes en boyaux, non amovibles, et placées à échelle équidistante, chromatique.

Au temps de Farabi, le tambur possédait au moins cinq frettes, alors que ceux du Khorasan n'en comptaient pas moins de 18, ce qui allongeait de moitié la longueur de l'instrument. Cinq des ces frettes étaient fixées dans une position invariante, les treize autres étant disposées entre celles-ci.

Les frettes fixes, en comptant à partir du haut du manche, donnaient un intervalle d'un ton à la première, de 4 à la seconde, de 5 à la troisième, d'une octave à la quatrième et d'une neuvième dominante à la cinquième, donnant ainsi une succession de quatre et de cinq tons. Les frettes additionnelles étaient placées entre celles-ci, de manière à ce que les octaves contiennent généralement 17 intervalles d'un tiers de ton chacun. Farabi mentionne un chevalet ou "zobalba" à laquelle deux, parfois trois cordes, étaient attachées. Les cordes reposaient sur un sillet de tête qui avait autant d'encoches que de cordes. Sur les tambur du Khorasan, il y avait deux clés placées de chaque coté de la tête.

Jeu

Le musicien tient l'instrument contre lui et n'utilise pas de plectre mais joue avec ses doigts. La technique est très complexe et rappelle celle de la guitare flamenco dont elle est peut-être une source. En effet, le joueur parvient à jouer une succession très rapide de notes, non pas par un mouvement très rapide de la main ou d'un doigt, mais en effectuant des moulinets ascendants et descendants des quatre doigts de la main droite, les pulpes, bien à plat en éventail, sur les cordes. Parfois le dos des ongles est utilisé, ainsi que le pouce de la main gauche. Les quatre doigts de la main gauche se promènent sur les deux premières cordes, le long du manche.

Compte tenu du petit volume de la caisse et de la proximité des rares cordes, cet instrument n'a guère d'emphase sonore. Il faut donc sans cesse relancer le son au moyen d'une caresse en moulinet, sinon il s'éteint très vite.

Il peut être joué seul ou en ensemble ou encore accompagné de percussions (daf), mais le plus souvent, il accompagne le chant. Seuls les hommes sont admis à le jouer.

Le tambur est étroitement lié à l'identité culturelle kurde. Comme chez les sufis, pour qui la musique permet d'atteindre un état de transe et de parvenir à une vision mystique, la musique de la foi kurde, Ahl-e Haqq, utilise cet instrument musical sacré pour des cérémonies liturgiques appelés jam. Les notes de musique du tambur sacré kurde peuvent être considérées comme des symboles menant à la réalité divine. [3] On le trouve aussi dans les ermitages (khaneqah) pour accompagner les prières.

À la suite d'Ostad Elahi, le virtuose kurde Ali Akbar Moradi tente de sauvegarder une partie de ce patrimoine en enregistrant les pièces musicales des Kurdes Yarsan vivant dans les chaînes de montagnes reculées d'Iran avant que leur voix ne soit perdue avec le temps.

Ouzbékistan et Chine

Uniquement répandu parmi les populations musulmanes, il s'est particulièrement développé aussi dans l'ancien Turkestan.

Lutherie

C'est un dérivé de l'iranien, avec une caisse, en bois massif, plus fine et surtout un manche beaucoup plus long, disproportionné, recouvert d'appliques en os ou ivoire. Il a quatre cordes.Il existe une rare variété jouée avec un archet, le satar ou satô, à neuf cordes.

Jeu

Il est utilisé pour jouer le muqam de la musique classique Ouïghoure en solo ou en grand ensemble. Le jeu est proche de celui du dotar, réservé au folklore. Seule la corde aiguë est jouée par la main gauche, les autres servent de bourdons rythmiques actionnés par un onglet à l'index droit.

Turgun Alimatov en est un grand interprète. [4] Beaucoup de femmes utilisent ce tambur pour s'accompagner au chant.

Il s'agit d'un instrument rare et hybride, certainement l'ancêtre du sitar indien. Il est parfois appelé improprement dotar.

Lutherie

C'est un instrument qui a la forme du setar iranien avec l'épaisseur et les caractéristiques du sitar indien. Taillé dans un bois massif de tun, il a un manche creux aux frettes amovibles. Le chevalet est petit et n'est pas plat, si bien qu'il ne produit pas le "buzz" caractéristique des instruments indiens.

Il dispose de trois cordes de jeu, trois cordes de bourdon rythmique (chikari) et onze cordes sympathques (taraf).

Jeu

On y joue la musique classique afghanne, dérivé de la musique hindoustanie : les râgas. Il se joue assis par terre, avec un onglet de métal sur l'index droit, accompagné aux tablâs..

Tanbur (Turquie)

Contrairement au saz ou baglama turc qui ressemble comme un frère au tambur perse (mis à part le frettage, l'encordage et les ouïes), et qui n'est pareillement destiné qu'à la musique folklorique ou liturgique (alévisme), le tanbur turc dérive certainement de la dombra d'Asie Centrale et de l'ancienne tibula hittite. Sa forme est fixée dès le XVIIè siècle, et son rôle très clair dans la savante musique ottomane. Il subsiste aussi en Grèce sous le nom de tabour.

Il existe une rare variante (le yayli tanbur) à six cordes, qui se joue à l'archet, depuis le XIXè siècle.

Lutherie

Le tanbur a une caisse de résonance hémisphérique en bois lamellé-collé. Elle est si fine que la table d'harmonie s'incurve avec le temps, sous la pression du chevalet. Le manche est très long (110 cm) et très fin (4 cm) ; il comporte 58 frettes amovibles en boyaux, soit 35 pour une octave ! Il a sept cordes (2+2+2+1) ajustées en chœurs.

La table d'harmonie du yayli est en peau (comme pour un banjo), et sa caisse de résonance est souvent en métal.

Jeu

On en joue assis (par terre ou sur une chaise), à l'aide d'un petit plectre (mezrap) en écaille de tortue, Seule la dernière paire de cordes est jouée sur le manche pour la mélodie ; les autres cordes ne servent que de bourdons rythmiques.

On le joue tout autant en solo qu'en ensemble. Instrument difficile au volume sonore restreint, il se cantonne à la musique ottomane et soufie, et est de plus en plus remplacé par le oud.

Tamboura (Balkans)

                                      

 

                                                                 Tamboura

Appelé aussi tambouritsa, c'est une famille de luths rencontrés en Bulgarie, Macédoine, Croatie, Bosnie, Serbie et Grèce ; autant de pays sous influence ottomane et musulmane pendant des siècles, qui importèrent et adaptèrent les instruments turco-persans. Le nom dérive peut-être aussi de la rivière tambura en Roumanie...

Lutherie

La tamboura est munie d'un long manche à frettes, proche du bouzouki. Elle existe sous deux formes : soit à huit cordes regroupées en quatre paires, soit à quatre cordes regroupées en deux paires. Elle se joue avec un plectre. Sa caisse, faite de sycomore ou de poirier, a la forme d'une poire.

On distingue la samica (trois doubles cordes), la bisernica (deux doubles et deux simples cordes), la prim (une double et trois simples), la bas-prim ou brač (deux doubles et deux simples), la čelović (deux doubles et deux simples), la čelo (quatre cordes), la bas ou berda (quatre cordes), et la bugarija ou kontra (deux doubles et une simple).

Jeu

La tamboura bulgare est utilisée comme instrument d'accompagnement — les cordes sont alors accordées comme les quatre premières cordes de la guitare — ou comme un instrument soliste. Elle se joue en ensemble aussi, et se cantonne à la musique folklorique.

Tampura (Inde)

             

 

                                                          Tampuri

Prononcé tampoura, on l'appelle aussi tamboura (en Inde du sud) ou tampuri (petite tampura). Ce luth qui est bien un instrument à cordes pincées est particulier puisqu'il n'est qu'un bourdon harmonique d'accompagnement dont on joue à la manière d'une harpe. Bien que masculin en Inde, le terme est plutôt féminin en français.

Instrument essentiel à la musique indienne modale, il accompagne toute manifestation musicale en précédant toute autre émission sonore (vocale ou instrumentale). Il s'agit en quelque sorte d'un diapason permanent. Il y en a deux généralement qui accompagnent les grands artistes.

Une version électronique est apparue récemment sous forme de bôîte (ne se dérèglant pas et économisant un musicien, mais dont la qualité sonore reste douteuse).

Lutherie

Par sa forme, ce luth est semblable au sitar, mais ne comporte qu'une seule caisse de résonance en gourde (tumba) ou citrouille ou bois massif évidé, et aucune frette ni corde sympathique. Il est composé d'un manche creux et d'une table d'harmonie, généralement en bois de tun, teak ou jacquier.

Il comporte quatre cordes en acier et laiton (parfois cinq ou six) jouées à vide en arpège, et qui servent de bourdon. Le son des cordes est enrichi par l'intercalage d'un fil de soie (appelé la vie) entre celles-ci et le chevalet plat, qui provoque un buzz (jîvâri) caractéristique. Des petites perles placées près du chevalet permettent un accordage fin des cordes. Il est hautement décoré d'appliques en os ou en ivoire. Comme tous les instruments indiens, il n'a aucune ouïe.

Il en existe un grand modèle (60 cm de diamètre et 150 cm de long) pour les homme (chanteur), un moyen (accordé une quinte plus haut) pour les femme et une petite (tampuri) poour accompagner les instruments.

Jeu

Il se joue verticalement, la caisse de résonance posée sur la cuisse de l'instrumentiste assis par terre, le manche (où l'oreille se "colle" souvent) sur l'épaule droite, ou bien posé horizontalement, le manche sur la cuisse et la gourde à terre. Tout chanteur en Inde se doit d'en avoir un et de savoir l'accorder. C'est souvent les enfants ou les disciples d'un artiste qui l'actionnent.

L'accord est Ma - Sa - Sa - SA (Fa - Do - DO - Do grave). Il est très difficile à obtenir car il faut surtout accorder les harmoniques afin d'obtenir une onde courbe qui parcourt tout le spectre sonore de façon sinusoïdale. On ne joue aucune mélodie sur cet instrument. Seul la main droite égrenne les cordes tel un chapelet ou une harpe, la pulpe de l'index touchant la première corde, puis le majeur, les autres. Il n'est besoin d'aucune formation musicale pour en jouer ; il suffit d'effleurer de manière régulière les cordes.

Références

  1. voir Daremberg et Saglio, Dict. des antiquités grecques et romaines, article Lyre, p. 1450 ; voir aussi Revue des études grecques, viii. 371, &c., avec des illustrations de luths primaires.
  2. Allyn Miner, Sitar and sarod in the 18th and 19th centuries, Motila Banarsidass, Delhi, 1993
  3. voir Jean During, Musique et mystique dans les traditions de l'Iran, Institut français de recherche en Iran, Paris, 1989.
  4. Jean During, Musiques d'Asie Centrale, Actes Sud, 1998.

Liens externes

 

Târ (musique)

         

 

                                                          Târ Iranien

                                               

 

Femme jouant du târ ; peinture du Palais Hasht Behesht à Esfahan, Iran, 1669

Le târ est un instrument à cordes pincées trouvé en Iran, en Azerbaïdjan, en Géorgie, en Arménie, en Turquie, en Ouzbékistan et au Tadjikistan. C'est un luth à long-manche avec un corps en forme de double cœur. Le mot تار târ signifie "corde" en persan.

Lutherie

Le corps du târ est taillé dans un bloc de murier coupé en deux, évidé et recollé. Il a une forme de huit ou de double cœur. Une très fine membrane (péricarde de taureau ou de veau) est ensuite collée sur le pourtour des faces laissées ouvertes. Dans le târ basse, l'ouverture du haut n'est pas recouverte, afin de donner plus de sonorité.

Sur la membrane inférieure, la plus large, est posé un petit chevalet (en os) à pieds, retenu par une cordelette au corps de l'instrument. Étant donné la grande fragilité de l'instrument à cet endroit, il y a souvent une déchirure due à un coup de plectre mal calculé ou trop fort ; la position parfaitement perpendiculaire au joueur évitera ces déconvenues.

Le manche en fruitier (abricotier, citronnier) est collé au corps. La touche est recouverte de deux bandes d'os afin de faciliter le glissement et la sonorité. Il y a 25 frettes en boyau nouées et amovibles

Le petit plectre est en métal (laiton ou bronze) entouré de cire à une extrémité afin qu'il ne glisse pas des doigts.

Les six cordes sont en métal (acier et cuivre) et ont la particularité de ne pas être nouées aux chevilles, mais retenues par des cordelettes qui elles se nouent aux chevilles.

Le târ persan avait autrefois 5 cordes. La sixième corde a été ajoutée par l'un de ces grands interprètes passés : Darvish Khan.

Le târ azéri qui a été introduit par Sadıqcan a une forme sensiblement différente et possède une peau de poisson, et cinq cordes harmoniques en plus.

Jeu et technique

Le târ se joue posé sur le genou droit, la main gauche sur le manche (bien droit, pas penché) et la droite avec le plectre, tenu entre pouce et index et joué par le poignet. Le musicien est soit assis par terre soit sur une chaise, soit même debout pour les Azéris qui tiennent plutôt le târ sur la poitrine, coincé par le coude droit, et jouent donc "très haut", grâce à une flexion du poignet.

On ne joue jamais d'accord dans ces musiques modales, et la dextérité de la main gauche (aux doigts très "alègres") ici est mise à rude épreuve. La main droite par de rapide et rythmique mouvement d'une corde à l'autre, peut effectuer des chaharmezrabs très rapides, donnant l'impression que deux instruments jouent en même temps (l'un rythmique, l'autre mélodique).

Il peut se jouer en solo, accompagné de percussion, ou au sein d'un orchestre, à moins qu'il n'accompagne en solo, un chant. C'est un instrument plutôt "viril" comparé au setâr.

Le târ est un des plus importants instruments de la musique classique persane et azérie. La formation, la compilation, l'édition et l'héritage des versions les plus authentiques et les plus complètes du radif sont tous travaillés à partir du târ. Les tendances générales de la musique perse classique ont toutes été fortement influencées par les joueurs de târ.

Actuellement, les deux plus grands interprètes iraniens de cet instrument sont : Mohammad Reza Lotfi et Hossein Alizadeh.

Le târ est une partie constitutive du trio classique de mugham (un genre de musique traditionelle azérie) dont Bahram Mansurov est l'un des meilleur interprète.

Liens externes

Extraits musicaux

 

Tas (musique)

Le tasha en est une version sur trépied à une seule timbale, dont le tas iranien est sans doute l'origine, mais qui est joué vec des petits fouets. Le dotable est une petite paire de timbales kurde utilisée à cheval pour la musique martiale.

Facture

Parfois construites en terre cuite, les plus grandes, jusqu'à un mètre de diamètre, sont en cuivre, avec des peaux liées à l'aide de cordes ou de lanières de cuir, tout autour.

Jeu

On en joue assis ou debout (avec une lanière), avec deux grosses et solides baguettes, les timbales étant soit côte à côte, soit l'une horizontale et l'autre verticale (les peaux perpendiculaires).

Il faut distinguer les nagaras du Rajasthan, petites et liées au folklore, des grosses nagaras populaires rencontrées dans toutes les villes et qui sortent au moindre festival. C'est un instrument extrèmement sonore, et les musiciens les frappent de toutes leurs forces ! Elles sont souvent accompagnées de gros dafs et de gongs bruyants.

 

  Tombak                                                            

Sommaire

Un tombak (en persan : تنبک) - ou tonbak, donbak, dombak et zarb — est un instrument de percussion digitale originaire d'Iran (Perse). Il tire son nom des sons produits par les frappes majeures : tom (au centre de la peau, grave) et bak (au bord, et aiguë). Il appartient à la famille des tambours en gobelet répandus en Asie, Europe de l'Est et Afrique. Bien qu'il y ait des similarités entre tous les instruments à percussion de cette forme, les techniques utilisées pour jouer le tombak sont les plus élaborées. Le zerbaghali ou zirbaghali afghan en est une réplique un peu plus petite, aux rythmes plus syncopés.

Le tombak est l'instrument majeur d'accompagnement de la musique iranienne (le daf ou le doyre, ont un rôle plus restreint).

Lutherie

Le tombak a plusieurs parties :

  • la peau (poust)
  • le corps (tanéh)
  • la lèvre (labéh)
  • la gorge ou le pied (nafir)
  • la petite ouverture (dahan-é koutchak)
  • la grande ouverture (dahan-é bozorg)

Le tombak est fait traditionnellement d'une seule pièce de bois de mûrier ou de noyer, même si l'on en trouve aussi en poirier (très rare), cerisier (très rare), frêne (aujourd'hui très utilisé) et même en aggloméré. Quel que soit le bois utilisé, on préfèrera celui ayant poussé dans un endroit sec (le mûrier d'Esfahân ou le noyer du Kermânshâh sont de bien meilleur qualité que leurs homologues du nord de l'Iran). Le corps peut comporter des sillons gravés, également utilisés dans la technique de jeu. Le pied est pratiquement cylindrique. La grande ouverture se trouve en haut et est couverte par la peau. La petite ouverture est la sortie du pied. Le corps est généralement très légèrement plus long que le pied. La lèvre, au sommet du corps, est l'endroit sur lequel repose la peau. Elle est beaucoup plus fine que le reste du corps (environ 2mm contre 2 à 3 cm pour l'épaisseur du corps). La peau est collée à l'asphodèle et l'on ne peut règler sa tension à l'aide de cordages ou de clés contrairement à beaucoup d'autres percussions. Les peaux de chèvres ou de veaux sont les plus anciennement utilisées, mais aujourd'hui la peau de chameau l'est beaucoup plus fréquemment.

Il existe trois variétés de tombak différents uniquement par la taille :

  • le zarb-é zourkhâné (le plus grand et certainement le plus ancien, souvent en terre cuite)
  • le grand tombak de concert
  • le petit tombak de soliste

Jeu

On en joue assis par terre ou sur une chaise, l'instrument posé entre la cuisse gauche et l'aisselle, la face versd l'avant. On pose la main gauche sur le sommet de l'instrument où les doiigts vont frapper le bord, et la main droite vient quant à elle, vient frapper alternativement le centre ou le bord de la peau.

Le rythme le plus commun associé au jeu du tombak est une mesure à 6 temps (6/4 ou 6/8). Le tombak ne sert pas seulement de métronome. A certains moments, le joueur de tombak se contentera de garder la base rythmique (pâyéh), et à d'autres il suivra la mélodie ou jouera sur les placements des accents suivant son inspiration (mettant en valeur la mélodie même lorsqu'il s'en éloigne).

Le tombak n'était pas considéré comme un instrument soliste jusqu'au travail pionnier de Hossein Tehrani (1912-?) dans les années 1950. Puis Bahman Rajabi (né en 1939) développera ce que l'on peut appeler la technique moderne. Nâsser Farhangfar (1947-1997) révolutionnera les principes de l'accompagnement, s'éloignant souvent beaucoup de la mélodie sans jamais la gêner. Il a beaucoup puisé dans les styles de jeu du zarb-é zourkhâné (surtout celui de Morshed Morâdi) qui accompagne la gymnastique martiale traditionnelle, et des motrebs (musiciens populaires jouant sur les accents de manière particulière). Très peu de joueurs assimileront son art. Les joueurs modernes ouvrent quantité de nouvelles perspectives au jeu du tombak, comme par exemple : Djamchid Chemirani, Madjid Khaladj, Mohammad Akhavân, Dâriush Zargari, Navid Afghah, Farbod Yadollâhi, Pedrâm Khâvarzamini, Pejman Haddâdi…

Depuis la révolution islamique de 1979, le tombak (comme tous les instruments joués dans la musique classique iranienne) a gagné une plus grande place, la musique traditionnelle ayant été mise en avant par le gouvernement en opposition à la musique occidentale, l'inverse ayant été fait par les rois Pahlavi, désireux de donner une image moderne à l'Iran. Le tombak est un instrument de concert sérieux autant qu'un des instruments de fête favoris parmi les iraniens ; seule sa technique de jeu différe grandement.

Voir aussi

Sources

  • Hossein Téhérâni, Méthode de zarb, Institut Mâhour
  • DVD of TOMBAK / Madjid Khaladj - Coproduction : Le Salon de Musique & Ecole de Tombak | Langues : français, anglais, espagnol | Durée : 172 minutes | Livret de 80 pages (français/anglais.)| EDV 937 CV. [1]
  • CD Infinit Breath / Madjid Khaladj, NAFAS / Bâ Music Records. [2]

Liens externes

 

     Zurna

                                              

 

                                  Zurna turque à gauche, syrienne à droite

La zurna, zourna, zorna, zurla, zokra, surnay, zamr, zamour ou mizmar, est un instrument à vent à anche double de la grande famille des hautbois. Il tire son nom du persan زورنه (zur : fête ou corne et ney : roseau). En Afrique du Nord, elle reçoit aussi les appélations suivantes : algaita, ghaita, rajta, rhaita, etc.

La zurna s'est répandue dans toutes les contrées sous domination musulmane, notamment en Turquie, en Arménie, en Iran, en Syrie, en Iraq, au Liban, en Égypte, au Maghreb, au Niger, en Grèce et dans les Balkans.

À l’époque ottomane, en raison de sa puissance considérable, cet instrument était utilisé dans la musique militaire des Janissaires.

Facture

La zurna est fabriquée en bois de mûrier, de buis ou d'abricotier. La perce est cylindrique pour la partie supérieure, conique pour la pavillon et rappelle son ancètre, la corne. Elle a huit trous (dont un pour le pouce et un d'accord). Un petit tuyau de bois fendu est inséré dans le conduit principal afin de guider l'air et afin d'en obturer certains trous éventuellement. L’anche double amovible en roseau plié est fixée à un support de métal, qui lui-même est fixé sur une rondelle protectrice en bronze.

Elle a généralement trois tailles différentes de 22 à 60 cm.

Jeu

 

Zurnas et davuls joués par des tsiganes.

La zurna se joue debout, souvent avec la technique du souffle continu. Elle a un registre d'un octave et demi, et l'accord est diatonique ; la justesse du jeu, d’autant plus problématique que la musique orientale utilise des quarts de ton, dépend beaucoup de la compétence du musicien. Celui-ci doit adapter constamment la hauteur des sons en faisant varier la pression du souffle.

Elle est utilisée dans la musique populaire, traditionnellement en duo avec le tambour davul, daouli ou toupan, et généralement jouée en plein air durant les fêtes et les mariages au Proche-Orient et en Afrique du Nord.

Cependant, l’avènement de l’amplification lui a permis d’être associée à d’autres instruments de bien moindre puissance tel le saz, comme par exemple dans le groupe Trakya All Stars du percussionniste tsigane Burhan Öçal.

Lien externe

 

Tchang (Harpe)         

Présentation générale

La harpe est un triangle rectangle muni de cordes froissées de longueurs variables dont les plus longues donnent les notes les plus graves. C'est un instrument asymétrique, contrairement à la lires dont les cordes sont tendues entre trois montants parallèles. La harpe a un bruits qui se rapporte à la terre .

Historique        

Danseuses et musiciennes de l’Antiquité égyptienne

Dans l'Antiquité, il existait deux sortes de harpes : la harpe arquée et la harpe angulaire.

La harpe est un instrument plusieurs fois millénaire.

Elle est, avec la flûte et certains instruments à percussion, l'un des plus anciens instruments de musique. Elle est peut-être née de l’arc dont la corde, tendue et relâchée, vibre et émet un son.

D'origine orientale très ancienne, les premiers vestiges datent d’environ 3500 ans avant Jésus-Christ, elle est connue des musiciens de l'Égypte antique, comme de Sumer et de Babylone. La harpe s'est répandue à travers les diverses civilisations et tous les continents sous des formes différentes.

La Harpe était un instrument universel : on la célèbre sur tous les continents et toutes les catégories sociales s'expriment à travers son art.

http://www.majidbahrambeiguy.at/gallery-galerie-galerie-negar-xane/21.html

 

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